Atelier Disbaru Création Graphique

Bertrand PEARON

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Blog

Concurrence

27/11/2022

Concurrence

C’est marrant comment nous réagissons tous différemment face à la «concurrence».
J’ai appris. Beaucoup. Il y a eu un début, où le fait de ne me savoir pas seul sur un marché professionnel pouvait me rendre malade. Avec la prétention que cela engendre, à savoir qu’à priori je devais être le seul à savoir faire mon métier et que le monde m’avait attendu pour le faire... Bien entendu. 
Puis il y a un moment où nous comprenons qu’il n’y a pas de concurrence. En fait, il y en a une, seulement si nous nous mettons en compétition avec elle. Au même titre qu’il ne peut y avoir un champion que si il y a un match pour les départager. 
Si nous faisons, sans se soucier d’écraser qui que ce soit, en se concentrant sur ce qu’on a à faire en essayant de le faire au mieux, en restant dans son pré carré et en l’entretenant avec brio et professionnalisme, la «concurrence» apparaît alors comme ce qu’elle est vraiment : le véritable moyen de nous faire progresser en nous obligeant sans cesse à nous remettre en question. 
Et c’est alors une opportunité unique d’évoluer. Avoir peur de la «concurrence», c’est en somme avoir peur de ses propres défauts, de ses faiblesses. Lui mettre sur le dos nos maux, c’est se cacher le fait que nous ne sommes pas à la hauteur. Lui cracher dessus, c’est faire des mouvements vains pour cacher aux autres notre impossibilité à répondre à ce qu’on nous demande. La «concurrence» est le carburant, sans elle nous sommes seul et donc sans aucune possibilité de contraste. 

Des heures

15/11/2022

Des heures

On ramène tout au temps, comme si cela était le seul moyen de travailler efficace. 

Repenser sa façon de travailler, c'est en somme repenser sa façon de vivre. 

J'ai des années durant compté les heures, 35, 39, peu importe, les faire rentrer absolument dans des cases horaires sans se soucier si cela m'allait à moi. Et en souffrir. 

Notre corps, notre esprit, notre cerveau ne peuvent toujours être opérationnels et parfaitement synchronisés sur commande dans ces contraintes horaires. 

J'ai fait le choix, déjà parce que je le voulais et ensuite parce que je le pouvais, de ne plus penser le travail ainsi. Ne pas culpabiliser tel jour de n'avoir travaillé "que" trois heures. Mais des heures où j'ai abattu le boulot d'une journée, car j'étais bien. Ne plus répondre aux remarques désobligeantes, jugements désuets, voir ignorants, alors que sans compter, dépassant largement les canons de 35 heures, j'ai aligné, avec plaisir et envie, mes heures en soirée, en weekend, en décalé, en fractionné... Autant de recettes qui se sont adaptées selon ma vie et mes envies. 

Le boulot est toujours fait, mais les heures pas toujours bien alignées. Et d'ailleurs ne plus les penser par tranche de semaine.

J'y ai gagné quoi au final ? Déjà de travailler toujours avec envie et plaisir. Ensuite, d'être très efficace sur des créneaux où je me sens l'entrain de l'être. Et puis un confort de vie, aller marcher 1 heure si besoin, s'occuper des enfants après l'école, puis reprendre le travail avec gourmandise. Et enfin, voir que ça fonctionne, que c'est faisable et que la qualité de mon travail n'a fait que s'améliorer. 

Je n'ai aucune leçon à faire, ni conseil. Il y a des travails qui permettent cela, d'autres non. Il y a des gens qui le veulent, d'autres non. Ma seule requête est d'arrêter d'avoir une pensée unique sur la façon de travailler et imaginer le champs des possibles en se rassurant avec ce fait simple : si le travailleur se sent bien, il travaillera bien. 

Doute

29/09/2022

Doute

Ah l'infâme,

Insidieux ennemi,

Par quelques mots pernicieux

Me fend l'âme


Traitre insinuant

Qui dans mon mur rassurant

Dessine des fissures

Qui le rendent moins sûr


Doute en goutte à goutte

Diffusant, malfaisant

Je sais te mettre en déroute

Avec du temps

Ctrl-Z

31/08/2022

Ctrl-Z

La combinaison magique de mon clavier ! (Et pour celles ou ceux qui l'ignorent, le raccourci clavier qui permet d'annuler la dernière action faite). 

J'en use, j'en abuse, non que je me trompe souvent, mais en créant sur mes logiciels je change pas mal d'avis ou teste des choses avant de me raviser. Et puis ça m'a sauvé pas mal de fois la mise... Alors ce "Ctrl-Z" est quasiment devenu un élément à part entière de mon quotidien.

Dernièrement, alors que je bricolais sur la charpente de mon garage, là perché à quelques mètres du sol, ajustant un bastaing à la scie pour le poser, je me suis trompé de quelques centimètres. Et dans un réflexe magnifique, j'ai de suite pensé "Ctrl-Z". Il m'a fallu une demi-seconde avant de réaliser la réalité de ma situation. Et d'en sourire alors. J'ai trouvé une solution à mon erreur, mais sûrement pas en faisant un "reset" comme si je vivais dans la "matrice" (Idée du film Matrix pour ceux qui ne le connaissent pas). 

Le numérique, l'informatique ont complètement intégré nos vies désormais. Nous vivons avec, travaillons avec, en dépendons même (malheureusement). Il y a des fois plus de frontière entre le réel et eux. Tant que c'est juste une pensée "réflexe" qui nous traverse avec un "Ctrl-Z" ce n'est pas grave, mais si cela va plus loin, que nous ne savons plus comment faire car nous avons perdu le savoir-faire, alors c'est que nous sommes allés trop loin. Ces outils, et pardon de les ramener à leur condition, doivent rester des outils. Et nous utilisateurs, ne devons en aucun cas en devenir des esclaves. Nos ancêtres savaient comment palier à un souci quand un outil cassait ou était défectueux. Nous, j'ai parfois un doute. "Ctrl-Z", et si la dernière action que nous avions faite c'était de donner les pleins pouvoirs aux machines ?

Aïe

07/08/2022

Aïe

"Gratuitement"... Dans les faits, la grande majorité se fout complètement de mon souci. Je le sais et suis pragmatique. Mais tant pis, ne rien dire c'est en quelque sorte approuver. 

Or je n'approuve pas du tout. La gratuité n'existe pas. C'est une illusion totale.

Je me suis posé la question, il y a longtemps déjà. Iriez-vous voir votre boulanger et lui demander si il a un pain gratuit. Votre boucher ? Votre garagiste ? Tous les autres ? Et les autres, c'est vous, donc accepteriez-vous de travailler gratuitement ?

Pourquoi je serai moi la variable d'ajustement? Celui qui accepterai la gratuité ? Mon savoir-faire a t-il moins de valeur ? Est-il moins "important" au bon fonctionnement d'une entreprise ou entité ? A la longue c'est usant. Surtout quand après plusieurs années de projet je ne me verse toujours pas de salaires dignes et que je m'investis pour mon entreprise. 

La "gratuité" est devenue un mal de notre société, je le pense sincèrement. Arrêtons de croire que tout est accessible sans poser problème. A chaque gratuité il y a une victime quelque part, si elle n'est économique, elle est humaine. A se rejeter tous le problème, il faut bien comprendre qu'un jour vous y serez aussi, quand par exemple, une grande plateforme en ligne ventera votre savoir-faire en le laissant accessible gratuitement à qui le voudra... Là ce sera trop tard pour vous. 

Le monde se moquera bien de ces quelques lignes, je ne me fais pas d'illusion, mais moi je ne plierai pas genoux, je garderai sauf mon honneur à faire ce que je sais faire au juste prix et continuerai à payer, volontiers, pour les savoir-faire que je n'ai pas. Le modèle de la gratuité n'est qu'illusion, ou alors nous le devenons tous.

Soyons mot-dérés

25/07/2022

Soyons mot-dérés

Il y en a qui voient une faiblesse dans le fait de retenir ses mots, d’autres penseraient à une sorte de censure. Moi, j’y vois du respect. Il n’est pas question de ne pas se dire les choses, d’exprimer un désaccord ou un désappointement. Au contraire, nous devons tous ouvrir cette voie le plus largement possible pour être mieux compris par les autres. Le souci n’est la pas la voie mais la voix. User d’agressivité par exemple, de mots durs, voir grossiers sont pour sûr un moyen de ne pas se faire comprendre, ne serait-ce que parce que nous ne serons pas écouté.

Quand nous sommes face à une personne qui n’est évidemment pas comme nous, qui ne pense pas comme nous, qui ne voit pas les choses comme nous, qui en fait, et c’est heureux, est elle-même, il y a forcément, dans une discussion partagée avec elle un risque de ne pas être bien compris. Cela réside dans nos approches, à chacun, de tout ce que nous entendons. Les sentiments que nous y mettrons, les pensées qui nous animent, la philosophie qui nous guide, les différents chemins de nos vies... Il est impossible d’aligner tout cela parfaitement et honnêtement entre deux êtres. Aussi, si nous usons de termes mal adaptés pour exprimer quelque chose, nous prenons le risque de blesser, éloigner, voir fermer complètement à nous la personne à qui nous nous adressons.

C’est une facilité de notre société. Dire tout et n’importe quoi sous couvert de «moi je dis les choses». Mais à quel prix ? Si nous «disons les choses» mais que personne ne nous écoute car nous leur vomissons nos propos au visage, alors nous soliloquons. Tout comme crier plus fort encore, en se disant que les échos finirons bien par être entendu. En vain, dans le brouhaha général de notre monde.

Nous devons mieux nous parler. Choisir bien chaque mot et en peser les conséquences. Combien même ce que nous avons à dire est difficile il faut le faire avec intelligence et tact. Inutile de blesser quelqu’un pour lui dire que nous ne sommes pas d’accord. Inutile de le faire douter, remettre en question ce qu’il est pour imposer notre avis. Il est même fort à parier que notre audience sera bien meilleure si nos mots sont les bons. C’est sûr que cela demande de ne pas vociférer à chaud, d’analyser les choses, temporiser un peu avant de sortir nos phrases. C’est sûr il faut réfléchir. 

Attention, cela n’empêche en rien de claquer une bonne colère de temps à autres si elle est nécessaire à la remise en route de certaines choses. Parfois, bien dosée et exceptionnelle, elle est bénéfique.

Mais le reste du temps, apprenons tous à nous parler correctement. Ce sera d’autant plus agréable de s’écouter alors. Peu importe que nous pensions pareillement ou non, si les mots en face sont justes, nous y prêterons une oreille. Libre à nous ensuite d’y porter un jugement personnel et la réflexion que nous souhaitons. 

Nous ignorons tout des autres, ne l’oublions jamais, donc parler avec eux, implique obligatoirement de modérer nos propos.