Atelier Disbaru Création Graphique

Bertrand PEARON

118 rue de la platrerie

05230 LA BATIE-NEUVE

atelier.disbaru@gmail.com

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Ah ça bipe.

30/01/2023

Ah ça bipe.

Je veille toujours à ne pas mélanger les choses. Le travail avec le reste, en particulier.
Mais là, ça bipe, j'enregistre mon travail, met mon ordinateur en veille, enfile mes chaussures et m'en vais prestement. J'ignore pour combien de temps je quitte mon poste de travail. Aucune intervention ne peux se définir à l'avance.
C'est mon choix d'allier un métier à un engagement civil. Je n'ai jamais voulu en faire mon métier. Aujourd'hui c'est partie intégrante de ma vie et si l'on prend le temps de s'épancher sur l'impact sur nos vies privées , nous parlons assez peu de celui sur nos vies professionnelles.
Je ne prends jamais de retard, respecte mes contrats et suis rigoureux pour que tout cela ne viennent polluer ma clientèle. Mais je réponds toujours présent quand il y en a besoin et il y a bien quelqu'un, quelque part qui est content de nous trouver dans son malheur. Et c'est avec honneur que je suis là.
J'insiste pour en parler et en faire connaître la réalité. Pas m'en plaindre, je l'ai choisi. Pour que des secours viennent à vous, il y a fort à parier qu'il y a des professionnels quelque part qui ont cessé de travailler un moment. C'est un système qui fonctionne et qui mérite qu'on le défende. C'est un système dont je suis fier de faire partie et pour lequel mes convictions et investissements sont forts.
La discrétion que j'y mets est importante, mais pour autant, elle ne doit pas occulter une réalité. Je peux disparaître une journée complète de mon bureau pour m'affairer sur un sinistre. Ce sont des faits, c'est un quotidien, plusieurs fois pas semaine, parfois plusieurs fois par jour.
N'y voyez aucune plainte, je demande juste que ce soit pris en compte. Ce n'est ni un jeu, ni un rêve de petit garçon refoulé. C'est la réalité d'un monde, le nôtre.
Je dois faire survivre mon entreprise, répondre à mes obligations, respecter mes engagements. Mais je dois aussi répondre à ceux qui sont en difficulté, répondre à d'autres obligations et respecter un engagement. Ne pensez pas que ce sont juste des passionnées qui se donnent le weekend pour leur lubie des camions rouges, c'est un investissement de tous les jours, à toutes heures, sans jamais connaître la fin de ce que l'on commence.
Alors pour une fois j'en parle, l'expose, pour expliquer que bien que ce soit mon choix, assumé et maîtrisé, j'oserai dire même, volontaire, il est fait pour le bien commun et que parfois, il peut me mettre en difficulté. Laissez-moi un message si je ne réponds pas de suite, ne soyez pas impatient si moi je suis dans l'urgence.
Merci à celles et ceux, à travers notre pays, qui sont là pour nous, professionnels quittant leur poste, leurs repos, leur congés, mais aussi ceux dont c'est le métier de tous les jours.

Capharnaüm

04/01/2023

Capharnaüm

Même rigoureux et sauf souffrant de troubles obsessionnels compulsifs, regardons autours de nos claviers... A droite cette pile de feuille à traiter, ou déjà traitée... On ne sait plus. Mais il y a là le dossier important à gérer, on le sait. Là des stylos en pagailles et ici une tasse au fond sec, qui campe ici. Il y a toujours un trophée, celui d'un enfant maladroitement découpé ou encore la médaille de finisher d'une course faite il y a longtemps et dont nous sommes fiers. La perforatrice nous gêne sans cesse le coude gauche et nous nous éviterons de parler de l’agrafeuse qui n'est jamais là quand nous en avons besoin...

Les images léchées et parfaites de l'internet nous ont déjà appris depuis longtemps qu'elles ne reflétaient pas forcément les réalités. 

Y compris pour nos bureaux.

Je ne vais pas faire une apologie du bazar, mais en tout cas on peut admettre que de la vie qui vibre de nos brics-à-bracs est plutôt bon signe. Ce désordre ordonné qui nous est propre n'est que le témoignage de notre existence. Il y a dans ces fouillis une énergie, une âme, la nôtre. C'est étonnant que nous en ayons honte. Peut-être confondons-nous sale avec désordonné.

J'aime ce boxon sur mon bureau, et de temps à autre, je le range un peu, avant que ça ne recommence. Mon bureau vide, trop parfait ressemble à une démonstration morne et sans goût, tout droit sortie d'un catalogue IKEA. Mais où suis-je alors ? Où est l'esprit, où sont les ondes ? Si je me respecte et que je respecte tout autant mes ôtes, je ne démontre plus une image factice de moi en vous montrant un plateau de bureau parfaitement nu. Car c'est vous mentir. Ce petit bordel est mien, et moi. 

Merci

15/12/2022

Merci

Deux syllabes, cinq lettres, mille plaisirs.
Cela ne prend que quelques instants de remercier quelqu'un, quelque chose, où sois-même et c'est tellement réconfortant. Et substantiellement important. Nous l'apprenons comme une politesse enfant mais on oublie de nous définir à quel point cette amabilité peut embellir nos quotidiens.
Recevoir un merci est gratifiant, vivifiant, rassurant. Que l'on soit dans le privé ou au travail, un merci c'est mettre en exergue une chose faite, reconnaître un effort fait.
Aujourd'hui j'ai reçu plusieurs mercis (merci les amis du BNI HAUTES-ALPES !), tous ont été extraordinairement plaisants. Et je suis sincèrement reconnaissant à ceux qui me l'on offert, car ma journée n'a été que plus belle.
Belle, tout comme cette carte reçue, (suite à une mâtinée d'échanges au CPE-CFA initiée par Magali Benedetti) magnifique, d'une puissance phénoménale. Quelques mots simples, pas de grand discours inutiles, mais qui touchent droit au cœur. De quoi bien dormir le soir et effacer les quelques petites contrariétés d'une journée.
Merci. 

Peu mais bien

05/12/2022

Peu mais bien

Il m'a fallu du temps pour saisir la puissance du minimalisme.

Par exemple celle d'un maître dans le genre que j'ai découvert sur le tard : Jean Widmer. Vous le connaissez pour le logo du centre Pompidou ou encore les concepts de visuels touristiques sur les panneaux d'autoroute.

J'admirais ce boulot et moi, en même temps, je continuais à me forcer absolument à mettre de petits détails partout dans mon graphisme. Comme pour me protéger, comme si j'étais payé au nombre de traits faits et que je pouvais ainsi le justifier. Mais en communication visuelle, le secret réside dans l'efficacité du minimalisme. Ou comment dire beaucoup avec peu de chose. Je me souviens de nos rapports de stage de 3ème, où nous jurions tous par le nombre de page, combien même plus de la moitié étaient des annexes bêtement récupérées. Mais au final, qu'avions nous vraiment raconté ? Et saisi ?

En graphisme, le coup de maître est d'en mettre le moins possible et d'en raconter un maximum. Et j'admire mes pairs, experts en la matière et leur capacité à résumer, à trouver LE bon truc, LA bonne forme, LE détail qui va faire que pu*** ça marche !!

Alors, j'apprends à épurer, alléger et aller à l'essentiel. Et accepter ce paradoxe, que l'on me paye en fait pour en dessiner le moins possible, mais en raconter énormément.

(Photo : Centre Pompidou)

Concurrence

28/11/2022

Concurrence

C’est marrant comment nous réagissons tous différemment face à la «concurrence».
J’ai appris. Beaucoup. Il y a eu un début, où le fait de ne me savoir pas seul sur un marché professionnel pouvait me rendre malade. Avec la prétention que cela engendre, à savoir qu’à priori je devais être le seul à savoir faire mon métier et que le monde m’avait attendu pour le faire... Bien entendu. 
Puis il y a un moment où nous comprenons qu’il n’y a pas de concurrence. En fait, il y en a une, seulement si nous nous mettons en compétition avec elle. Au même titre qu’il ne peut y avoir un champion que si il y a un match pour les départager. 
Si nous faisons, sans se soucier d’écraser qui que ce soit, en se concentrant sur ce qu’on a à faire en essayant de le faire au mieux, en restant dans son pré carré et en l’entretenant avec brio et professionnalisme, la «concurrence» apparaît alors comme ce qu’elle est vraiment : le véritable moyen de nous faire progresser en nous obligeant sans cesse à nous remettre en question. 
Et c’est alors une opportunité unique d’évoluer. Avoir peur de la «concurrence», c’est en somme avoir peur de ses propres défauts, de ses faiblesses. Lui mettre sur le dos nos maux, c’est se cacher le fait que nous ne sommes pas à la hauteur. Lui cracher dessus, c’est faire des mouvements vains pour cacher aux autres notre impossibilité à répondre à ce qu’on nous demande. La «concurrence» est le carburant, sans elle nous sommes seul et donc sans aucune possibilité de contraste. 

Des heures

16/11/2022

Des heures

On ramène tout au temps, comme si cela était le seul moyen de travailler efficace. 

Repenser sa façon de travailler, c'est en somme repenser sa façon de vivre. 

J'ai des années durant compté les heures, 35, 39, peu importe, les faire rentrer absolument dans des cases horaires sans se soucier si cela m'allait à moi. Et en souffrir. 

Notre corps, notre esprit, notre cerveau ne peuvent toujours être opérationnels et parfaitement synchronisés sur commande dans ces contraintes horaires. 

J'ai fait le choix, déjà parce que je le voulais et ensuite parce que je le pouvais, de ne plus penser le travail ainsi. Ne pas culpabiliser tel jour de n'avoir travaillé "que" trois heures. Mais des heures où j'ai abattu le boulot d'une journée, car j'étais bien. Ne plus répondre aux remarques désobligeantes, jugements désuets, voir ignorants, alors que sans compter, dépassant largement les canons de 35 heures, j'ai aligné, avec plaisir et envie, mes heures en soirée, en weekend, en décalé, en fractionné... Autant de recettes qui se sont adaptées selon ma vie et mes envies. 

Le boulot est toujours fait, mais les heures pas toujours bien alignées. Et d'ailleurs ne plus les penser par tranche de semaine.

J'y ai gagné quoi au final ? Déjà de travailler toujours avec envie et plaisir. Ensuite, d'être très efficace sur des créneaux où je me sens l'entrain de l'être. Et puis un confort de vie, aller marcher 1 heure si besoin, s'occuper des enfants après l'école, puis reprendre le travail avec gourmandise. Et enfin, voir que ça fonctionne, que c'est faisable et que la qualité de mon travail n'a fait que s'améliorer. 

Je n'ai aucune leçon à faire, ni conseil. Il y a des travails qui permettent cela, d'autres non. Il y a des gens qui le veulent, d'autres non. Ma seule requête est d'arrêter d'avoir une pensée unique sur la façon de travailler et imaginer le champs des possibles en se rassurant avec ce fait simple : si le travailleur se sent bien, il travaillera bien.